9.1.
La privation sensorielle
La privation sensorielle est l’absence ou le déficit
dans l’environnement et dans l’entourage, d’éléments
stimulant le système sensoriel et permettant une maturation
neurologique adéquate.
Le déficit fonctionnel neurologique issu de cette privation
sensorielle est définitif au-delà d’un certain
seuil et d’un certain temps. Cet état est responsable
de modifications profondes des comportements ultérieurs
de l’adulte, notamment au niveau des réactions
émotionnelles (phobies, anxiété) et des
facultés d’apprentissage (déficit cognitif).
Ces modifications peuvent être à l’origine
de comportements agressifs particulièrement incontrôlables.
Le déficit cognitif est à l’origine de difficultés
de reconnaissance et de mémorisation des situations,
ce qui est particulièrement handicapant dans la vie familiale.
9.2. L’isolement social
Selon la nature, le degré et la durée de l’isolement
initial, les effets seront inhibiteurs (dépression, suppression
du jeu, suppression de la capacité à prendre contact
avec un entourage…) ou productifs (déficit du contrôle
des auto-contrôles, stéréotypies, agressions…)
9.3. La contrainte inadéquate
De même que pour l’isolement social, selon la nature
de la réduction d’espace, son degré et sa
durée, la contrainte inadéquate entraîne
l’apparition d’une sidération (détresse
acquise), d’une réduction des comportements de
fuite, d’un accroissement des comportements d’agression
ou l’apparition de stéréotypies de contrainte.
La dépendance sociale parfois instituée par l’intermédiaire
d’une contrainte inadéquate est un élément
qui peut sembler intéressant au moment de l’acquisition
du chiot mais qui est un véritable piège car très
vite pénalisant dans l’évolution comportementale
du chiot devenu trop dépendant de son maître.
9.4. La maladie
Toutes les maladies du jeune âge sont susceptibles directement
ou indirectement de provoquer des perturbations graves du développement
neurologique et comportemental.
Tout déficit nutritif est à l’origine d’un
retard du développement cérébral, en plus
du retard de croissance.
Toute maladie d’origine infectieuse, parasitaire, nutritionnelle
a des incidences graves sur l’arrivée du chiot
dans sa famille. Les soins répétés indispensables,
en dehors du coût financier important, du risque de mortalité,
modifient par ailleurs profondément l’attitude
de la famille vis-à-vis du chiot et peut engager le chiot
souffrant vers des réactions agressives ensuite.
9.5. Les ruptures
Si les ruptures sont affectives, elles sont liées à
un sevrage prématuré engageant un état
de détresse intense. Elles sont à l’origine
de troubles dépressifs.
Si les ruptures sont environnementales, elles sont liées
à un transfert ou à un transport, incohérent
par rapport à la nécessité de lieu rassurant
pendant le développement du chiot. Elles sont à
l’origine de troubles anxieux.
Si les ruptures sont sociales, elles engagent des anomalies
du processus de socialisation et pénalisent gravement
le chien dans sa destination de chien de compagnie.