Pour
ce qui concerne l’élevage des chiens, un certain
nombre de normes de logement et d’obligations de déclaration
par rapport au nombre de chiens sont imposées. Les contrôles
administratifs se font sur le plan sanitaire principalement.
Rien n’est imposé pour permettre l’équilibre
comportemental des chiots vendus.
Malheureusement, un certain nombre de réglementations
utiles au niveau sanitaire se révèlent désastreuses
au niveau du développement comportemental du chien destiné
à la compagnie. C’est pourquoi, cette lacune légale
a permis à plusieurs types de structures de production canine,
de proliférer. Ils peuvent ainsi être officiellement
aux normes mais vendre en toute légalité des chiots
incompatibles avec l’objectif de compagnie dans une vie
familiale.
C’est pourquoi, j’ai choisi de ne parler que de
principes et de conditions d’élevage et pas de
structures. Ainsi, un bon élevage est une somme de compromis,
basés sur de nombreux critères. En voici quelques
exemples, sans ordre de priorité car tous peuvent avoir
une importance pour le choix du chiot qui convient aux futurs
maîtres.
- Disponibilité de surface
- Répartition des chiens et durée de garde sur
le site
- Présence et nombre des chiens : parents, chiots
- Nombre de chiots vendus par an
- Périodes de développement du chiot : respectées
ou non Déclaration fiscale et administrative de l’exercice
- Qualité génétique des chiens : élimination
des tares héréditaires
- Recherche d’amélioration de la qualité
morphologique du chien vendu
- Recherche d’amélioration de la qualité
comportementale du chien vendu
- Objectifs : vente, cynophile, affectif
- Transparence du mode d’élevage
- Suivi après vente
- Capacité financière pour l’aménagement
des logements
- Capacité financière pour l’entretien des
chiens
- Profit recherché / rentabilité recherchée
/ rentabilité indispensable /rentabilité utile
/ rentabilité non recherchée
- Disponibilité et qualité du personnel: améliorateur
de socialisation / surveillant / présent / distributeur
/ maltraitant
- Suivi sanitaire et administratif
- Devenir des chiens non productifs
D’après ces critères, il est ainsi plus
facile de juger la qualité d’un élevage
et d’évaluer ses éventuelles caractéristiques
de production.
A partir d’une diversité extrême, on peut
toutefois faire ressortir quelques structures types. Il n’est
pas question ici de condamner l’un ou l’autre de
ces professionnels ou amateurs mais de montrer où sont
les anomalies susceptibles d’entraîner les grosses
difficultés décrites au début de ce dossier
pour une destination de chien de compagnie.
Dans le cadre d’une production, il en existe à
des niveaux plus ou moins industrialisés. Les critères
de reconnaissance sont dans ce cas liés en priorité
aux objectifs de vente en quantité importante et de recherche
de profit. Parmi ces élevages industrialisés,
il en existe qui se sont dotés de grandes surfaces de
production, d’autres qui ont créé des réseaux
de petits producteurs suivant les critères de l’organisateur
du réseau, d’autres encore qui élèvent
des chiots en confinement, d’autres encore qui utilisent
le système le plus classique de chenils.
Certains sites de production plus moderne ont misé sur
un nombre très important de chiens produits, disposant
d’un espace quasi-extensif, avec du personnel à
minima. Cette structure permet à priori d’améliorer
la qualité sanitaire des animaux et de minimiser les
coûts de traitements. Dans ce cas, on ne retrouve aucun
critère nécessaire pour une bonne qualité
comportementale du chiot de compagnie.
On trouve toujours malheureusement les productions en cages
qui présentent la totalité des critères
qualitatifs en négatif.
Les chenils, plus classiques présentent également
beaucoup d’inconvénient au niveau qualitatif. Ils
permettent malgré tout, grâce à des aménagements
spécifiques à des éleveurs plus sérieux
de faire des efforts vers la qualité, selon leur objectif.
Parmi les élevages dits familiaux, que l’on pourrait
croire à priori honnête, il arrive que certaines
situations soient très pénalisantes pour le chiot.
Les objectifs de l’éleveur sont alors souvent de
profit, même ponctuels. Par exemple, on peut trouver des
chiots logés dans des dépendances isolées,
sombres et sans accès extérieur, ni présence
sociale en dehors de la distribution alimentaire. On peut trouver
des chiots élevés dans des « squats »
donc dans des lieux insécurisés. On peut trouver
des chiots élevés en appartement où la
présence sociale sera bonne mais pas l’accès
extérieur, ni l’acquisition de la propreté.
Les conditions d’élevage peuvent donc être
vraiment de qualité médiocre pour une acquisition
de chiens de compagnie. Seulement, la demande de la « clientèle »
et les profits possibles, encouragent nettement ces modes de
productions et pérennisent le système du chien
otage…
CONCLUSION :
Et si on cherchait ensemble les solutions ?