Faire
stériliser les chat(te)s et les chien(ne)s permet de lutter
contre la surpopulation animale et d’éviter de trop
nombreux abandons et euthanasies. Les avantages pour les animaux
sont sanitaires et comportementaux. Les propriétaires doivent
vaincre leur résistance morale face à une intervention
parfaitement maîtrisée par les vétérinaires.
La stérilisation consiste en l’ablation des ovaires
chez la chienne et la chatte, et en l’ablation des testicules
chez le chien et le chat. C’est une intervention chirurgicale
classique pour les vétérinaires, qui présente
peu de risques pour les animaux et comporte plusieurs avantages.
Elle permet avant tout de supprimer définitivement la reproduction,
donc d’éviter la naissance de chiots et de chatons,
évitant ainsi d’accroître la surpopulation
animale en France, cause de très nombreux abandons, euthanasies
et mauvais traitements. On estime que chaque année, un
demi million de chiots et de chats sont euthanasiés faute
de trouver des maîtres.
S’il est charmant de voir naître et d’élever
une portée de petits chats ou de chiots, il faudra ensuite
les placer dans des foyers prêts à les éduquer
et à leur assurer de bonnes conditions de vie pendant une
quinzaine d’années, voire plus pour les chats. Ceci
est malheureusement impossible pour beaucoup de familles, par
exemple lorsque les personnes travaillent à l’extérieur
huit heures par jour (un animal seul toute la journée s’ennuie,
de façon répétée, cela affecte fortement
son bien-être). L’aspect financier est aussi à
prendre en compte. Avoir un chat ou un chien entraîne des
frais : vaccinations et vermifugations régulières,
alimentation, soins vétérinaires, toilettage pour
certaines races…
Bénéfice pour la santé et le comportement
La stérilisation présente des avantages pour la
santé des animaux. Chez les femelles, lorsqu’elle
est pratiquée avant la puberté (apparition des premières
chaleurs, en moyenne vers 9 mois chez la chienne - 4 à
6 mois chez les petites races, 12 à 16 mois chez les grandes
races, et vers 6 à 7 mois chez les chattes), elle supprime
le risque d’apparition de tumeurs mammaires, fréquentes
chez les carnivores domestiques. Ce bénéfice disparaît
lorsque la stérilisation est effectuée après
l’âge de deux ans. La stérilisation supprime
aussi tout risque de pseudo-gestation (« grossesse
nerveuse »), sans danger pour la chienne mais inconfortable.
Chez la chatte, la stérilisation supprime les manifestations
des chaleurs (vocalises notamment), parfois pénibles à
supporter dans les races à chaleurs rapprochées.
La castration du mâle – qui nécessite une intervention
plus légère que l’ablation des ovaires –
a aussi des avantages. Bien sûr, elle annule le risque de
développement de cancer des testicules. La castration augmente
la longévité du chat qui sort à l’extérieur
en modifiant son comportement territorial.
Moins d’accidents chez les chats castrés
Il limite ses déplacements et risque donc moins d’accidents
sur la voie publique, se bagarre moins avec ses congénères.
Par conséquent, il est beaucoup moins victime de morsures
et de griffures entraînant plaies et abcès. Chez
le chien, la castration peut faire disparaître certaines
formes d’agressivité.
Chez le chien comme chez la chienne, la castration ne pénalise
pas l’aptitude à la garde, ni aux performances sportives.
Pour de nombreux propriétaires d’animaux, le frein
à la stérilisation est d’ordre moral. Il faut
pourtant comprendre qu’un animal castré reste un
formidable compagnon, qu’il n’est pas frustré,
et que la vie de son maître est grandement facilitée
en vacances, pendant les promenades ou lors de la cohabitation
de plusieurs animaux de sexe différent.
Le coût de la stérilisation peut paraître élevé,
mais il doit être comparé aux dépenses liées
à la naissance d’une portée de chiots ou de
chatons : outre le temps important qui doit leur être
consacré, il faudra les faire vacciner et vermifuger et
faire identifier chaque chiot et chat par tatouage ou puce électronique
(obligation légale pour toute cession de chien et de chat),
sans compter les frais des soins éventuels et de nourriture
spécifique de la mère et des petits.
Dr
Valérie Duphot, vétérinaire
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