Un
rottweiler tue : signe avant coureur des conséquences d'un
commerce et d'un trafic européen qui s'amplifient à
une vitesse alarmante
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Comme preuve, ces propos d’un courtier tchèque extraits
d’une scène filmée en caméra cachée
en Tchéquie en juillet 2003 lors d’une visite d’enquêteurs
de One Voice se faisant passer pour les propriétaires d’une
animalerie française :
« Vous pouvez commander autant de chiens que vous voulez,
il suffit de me donner la liste trois jours à l’avance,
ensuite vous allez les chercher en Belgique ou en Espagne (la
liste que nous propose le courtier inclut des rottweilers et autres
molossoïdes). »
« Oui, je peux vous fournir des american staff et des pitbulls,
ils naissent en Tchéquie mais je vous envoie un mois plus
tard des papiers américains. »
One Voice a remonté la filière de trafic des chiots
des pays de l’Est vers les animaleries et certains éleveurs
français, via la Belgique et l’Espagne. Chiots livrés
sur un parking d’autoroute, faux papiers, tout a été
filmé par l’association.
Le constat est alarmant : des milliers de chiots sont déversés
chaque semaine sur le territoire français en totale infraction
avec la législation sanitaire et avec la loi sur les chiens
dangereux. Et pourtant, ces chiots, arrachés à leur
mère trop tôt, non sociabilisés, ayant subi
des jours de voyage, vont arriver dans des foyers. Et si ces animaux
survivent aux graves maladies dont ils sont porteurs, ils vont
la plupart du temps développer des troubles comportementaux
aboutissant à de l’agressivité et à
des morsures.
Labradors, golden retrievers, westies qui mordent… Les molossoïdes
ne sont pas les seuls à manifester de graves troubles qui
les rendent dangereux et imposent souvent l’euthanasie à
des familles démunies.
Muriel ARNAL, présidente de One Voice, déclare :
« Depuis trois ans, nous tirons la sonnette d’alarme.
Nous avons envoyé au ministère de l’Agriculture
des centaines de témoignages de familles ayant vécu
des drames de morsures ou de maladies. Des plaintes sont déposées
en France et en Belgique. Les politiques ne s’intéressent
pas au problème qui leur semble mineur, mais les courtiers,
animaleries ou pseudo-éleveurs, eux, ont compris la manne
financière. Pour eux, peu importe que les animaux, les
familles et la société paient le prix fort. En nous
y infiltrant, nous avons compris combien ce commerce était
lucratif. »
Le
03 octobre 2003
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