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Questions / Réponses
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Mon jeune chien a peur lorsqu’il est confronté à des situations inconnues. À quatre mois, il continue de mordiller tout ce qu’il trouve.

Les études des vétérinaires comportementalistes montrent que les conditions d’élevage des chiots pendant les premières semaines de leur vie (et même celles de leur mère) conditionnent leur comportement futur. C’est pendant ces premières semaines que se met en place la socialisation du chiot et qu’il acquiert les autocontrôles nécessaires à sa vie en société. Il faut pour cela que le chiot ait des contacts réguliers – et amicaux - avec les êtres humains dès sa naissance, qu’il soit placé dans un environnement favorisant la socialisation (espace, bruits et odeurs de la maison, lumière, promenades en voiture…), jamais dans un chenil à l’écart des activités humaines. Enfin, il doit vivre au contact de sa mère – et de ses frères et sœurs – plusieurs mois pour qu’elle lui apprenne les bases du comportement canin, notamment à ne pas mordre.

Ces conditions ne sont pas remplies dans les centres d’élevage multi-races, ni dans les petits élevages des pays de l’Est, ni dans les élevages en métayage (le métayage est une activité qui consiste à placer des reproductrices chez des “naisseurs”). L’âge auquel le chiot est vendu est capital : un chiot séparé trop tôt de sa mère souffrira de troubles du comportement. L’âge optimal auquel un chiot peut être vendu se situe entre 2 et 3 mois.

Mon chien détruit tout dans la maison. Je vais être obligé de m’en séparer.

Lorsqu’un chien détruit les objets de la maison en l’absence de son propriétaire ou lorsque celui-ci est dans une autre pièce, c’est qu’il souffre probablement d’anxiété de séparation. Celle-ci est aussi à l’origine d’aboiements, de hurlements, de mictions, de défécations, de vomissements pendant l’absence du propriétaire et même de lésions cutanées – souvent sur les pattes – dues à un léchage excessif. Tous ces comportements indésirables montrent l’état d’anxiété énorme dans lequel se trouve le chien séparé de son maître. Bien sûr, aucune punition ne permet de remédier à ces comportements. Ce n’est toutefois pas une raison d’abandonner un chien souffrant de ces symptômes. C’est un chien malade, qui doit et peut être soigné.

Après un diagnostic précis de l’affection par un vétérinaire comportementaliste, le traitement passe une thérapie médicamenteuse et comportementale, qui nécessite la pleine participation du propriétaire.

Mon chien est hypernerveux, trop actif, il a toujours faim et dort peu. Il nous fatigue…

Le syndrome hypersensibilité – hyperactivité (HSHA) est bien connu en médecine vétérinaire. Il se traduit notamment par l’absence de contrôle de la morsure chez un chien de plus de 2 mois, une hypervigilance, l’absence de satiété alimentaire, la diminution du temps de sommeil (moins de 8 heures pas jour).

Un chiot correctement socialisé par sa mère, par des chiens adultes et des êtres humains apprend à contrôler ses morsures et à adapter sa motricité à son environnement. Ce contrôle de soi est capital pour une bonne cohabitation avec les propriétaires. Les facteurs induisant et entretenant l’HSHA sont identifiés : séparation précoce des chiots de leur mère, élevage sans contact avec des êtres humains, statut génétique des parents... Les chiens provenant d’animaleries, d’élevages à grande échelle ou de mauvais élevages familiaux sont donc prédisposés.

Le traitement de l’HSHA passe par une thérapie médicamenteuse associée à une thérapie comportementale. Pour lutter contre l’anxiété, l’environnement du chien doit lui apporter une organisation sociale bien définie. Comme chez les enfants, le laxisme éducatif et l’absence de contraintes raisonnées sont sources d’anxiété.

Mon chat est agressif avec les humains. J’en ai peur.

L’origine de l’agressivité féline peut être organique (trouble de la glande thyroïde, lésions cérébrales…), due à la douleur, à certains médicaments ou à un mauvais développement comportemental, souvent rencontré chez les chats adoptés trop jeunes, donc séparés précocement de leur mère et de leur fratrie (chatons pouvant être vendus en animalerie). On observe aussi de l’agressivité chez des chats obligés de vivre en milieu clos après avoir vécu en liberté. Lorsqu’il s’agit d’un syndrome de privation sensorielle (c'est-à-dire de phobies sociales), l’agression s’effectue par peur ou par défense du territoire. Elle s’accompagne de réactions émotionnelles inadaptées lors de contacts avec les humains et de divers signes d’anxiété. Existe aussi l’intolérance au contact, qui est un trouble du développement comportemental du chaton lié à un défaut de manipulations. Cette agression par irritation survient dès le plus jeune âge et diffère du syndrome de privation sensorielle par l’absence de réactions émotionnelles lors de contacts. Le syndrome d’hypersensibilité – hyperactivité est une autre cause d’agression ; ce trouble du développement par déficit des autocontrôles s’accompagne notamment d’une hypervigilance et d’un temps de sommeil réduit. Des traitements existent après le diagnostic précis de l’affection en cause.

Mon chat n’est pas propre : il fait ses besoins hors du bac à litière.

La consultation vétérinaire permet de vérifier si le chat souffre ou non d’une affection organique à l’origine de la malpropreté (diabète, trouble digestif…). Si ce n’est pas le cas, l’examen comportemental et le questionnement du propriétaire (description des émissions d’urine et de selles, localisation…) permettent de cerner le problème. Dans certains cas, la malpropreté résulte d’un état anxieux. Si le chat n’a jamais été propre dans la maison, son comportement peut résulter d’un sevrage trop précoce, d’une mauvaise socialisation à l’être humain ou d’un syndrome de privation sensorielle, le chaton ayant été élevé en l’absence des stimuli nécessaires à son bon développement comportemental. Cela peut-être le cas des chatons vendus en animaleries ou issus d’élevages inadaptés.

La malpropreté du chat est un problème connu des vétérinaires, qui peuvent traiter le problème d’origine par une thérapie comportementale et des médicaments.

Dr Valérie Duphot, vétérinaire

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Avoir un chien à la maison…

C’est formidable si toutes les conditions sont réunies pour que la cohabitation avec la famille se passe bien. Un chien n’est pas un jouet, ni une distraction passagère. Adopter un chien, c’est s’engager pour une quinzaine d’années à lui assurer des conditions de vie adaptées à ses besoins. Ceci demande beaucoup d’amour mais aussi du temps (pour l’éduquer, le promener, jouer avec lui) et de l’argent (pour son alimentation, ses soins vétérinaires, son toilettage…).
Répondez à ces questions pour savoir si vous êtes prêt à avoir un chien.

-Vrai ou Faux ?
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Un chien peut rester seul toute la journée

Faux : l’ennui et le manque d’activité sont très difficiles à supporter et peuvent prédisposer le chien à des troubles du comportement traduisant son mal-être : malpropreté, aboiements, destruction… qui, bien souvent, conduisent à s’en séparer, donc à traumatiser le chien et toute la famille. Si vous travaillez à l’extérieur, le chien sera seul environ dix heures par jour. Si cela est tolérable à titre exceptionnel – et à condition que quelqu’un vienne le sortir dans la journée -, il n’est pas admissible d’imposer ces conditions de vie à un chien.

Un chien doit être promené plusieurs fois par jour

Vrai : au moins quatre sorties quotidiennes sont nécessaires, dont au moins une « vraie » promenade, pour que le chien fasse ses besoins, prenne de l’exercice et se distraie. Ceci veut dire qu’une personne adulte doit pouvoir trouver le temps d’assurer ces sorties pendant toute la vie du chien… et par tous les temps.

Un enfant peut s’occuper d’un chien

Vrai et faux : un enfant peut jouer et passer d’agréables moments avec un chien, le brosser, le nourrir. Par contre, certaines responsabilités incombent aux parents comme les sorties, les soins et les dépenses. Leur accord et leur participation sont nécessaires pour qu’un enfant adopte un chien dans de bonnes conditions.

Sortir sans laisse, c’est donner de la liberté au chien

Faux : c’est l’exposer à de nombreux risques (les plus fréquents étant de se faire écraser par une voiture, de se battre avec un autre chien ou d’être volé). De plus, c’est illégal : les chiens doivent être tenus en laisse sur la voie publique. En revanche, le chien peut être lâché dans les endroits sûrs, en forêt ou dans un parc, à condition qu’il n’y ait pas de circulation à proximité.

Un chien peut transmettre des maladies aux personnes

Vrai et faux :
certaines maladies sont transmissibles du chien à l’Homme et réciproquement (beaucoup moins qu’entre les personnes elles-mêmes). En France, les vétérinaires connaissent et maîtrisent bien ces risques. C’est pourquoi il est indispensable de faire vacciner son chien tous les ans et de le vermifuger régulièrement. Il est recommandé de bien se laver les mains à l’eau et au savon après avoir touché un chien, surtout avant de passer à table.

Avoir une portée est conseillé pour la chienne

Faux :
d’accord, voir naître puis grandir des chiots est une expérience extraordinaire mais qui les adoptera ? Il est impossible de tous les garder (certaines chiennes donnent naissance jusqu’à 10 petits) et très difficile de leur trouver des maîtres responsables. La France est victime d’une surpopulation de chiens, qui conduit à des centaines de milliers d’abandons et d’euthanasie chaque année. D’autre part, la maternité n’apporte aucun bénéfice pour la santé de la chienne ou pour son bien-être. Il est plutôt recommandé de faire stériliser les chiennes ou les chiens vivant ensemble pour éviter des naissances non désirées.

Dr Valérie Duphot, vétérinaire

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