I
- Le
chien est devenu otage d’une logique de marché
superposant des enjeux affectifs et des enjeux financiers
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1.1.
Qui tire la corde ligotant le chien ?
• Les enjeux affectifs sont
fondamentaux dans l’acquisition d’un chien pour
la compagnie. C’est ainsi que les familles tirent involontairement
la corde ligotant le chien.
La sensibilité et l’affectivité intégrée
dans l’acte d’achat du chiot vont totalement occulter
la nature et la qualité de l’achat lui-même.
Chaque famille pense encore à ce moment là, que
tout l’amour qu’elle veut donner à ce chiot
va nécessairement compenser les problèmes présents
et futurs, encore bien éloignés de leurs pensées.
• De l’autre côté,
la corde du chien otage est tirée en permanence par le
domaine financier.
En effet, à partir du moment où il y a vente,
il y a une forme d’activité commerciale, même
si la recherche de bénéfice est plus ou moins
importante selon les secteurs qui composent le commerce des
chiots.
Comme dans toute activité en lien avec un commerce, les
enjeux financiers pourraient être considérés
comme naturels… seulement,
il s’agit là de chiots, d’êtres vivants
en développement, qui de plus sont destinés à
grandir et à vivre en compagnie de ceux qui les ont achetés.
Le chien est d’autant plus pris en otage que le marché
commercial dont il dépend cherche à entretenir
la demande pour persister.
Ainsi, au travers de maintes publications, le marché
commercial met sans cesse en valeur le côté attractif
et l’idéalisation du chiot dans l’esprit
des futurs acquéreurs…sans évoquer les difficultés
éventuelles et les conditions d’une réussite
durable.
1.2. L’entretien de la prise
d’otage du chien est une co-responsabilité
• Une coïncidence est
nécessaire pour déclencher l’acte d’achat
du chiot. Les enjeux financiers font rechercher cette coïncidence
au travers du déclenchement d’un coup de cœur
(préparation et induction)
L’idéalisation
est utile pour préparer le coup de cœur. L’information
peut être partielle ou orientée.
Le coup de cœur dépendra bien sûr de la nature
des références personnelles appartenant aux futurs
acheteurs du chiot. Les références des acheteurs
ont été à un moment ou à un autre
influencées par une représentation idéalisée
d’un chien, dans leur propre histoire de vie ou au travers
de l’appropriation d’images de différentes
natures (lectures, émissions télévisées,
publicités). Les publicités utilisent d’ailleurs
souvent le chien comme accroche pour la promotion d’un
autre objet. Parfois, elles font la promotion de certains types
de chiens (une certaine race, un certain look, une certaine
utilisation…).
Ainsi, grâce à cette abondante promotion publicitaire
et médiatique, peu de personnes aujourd’hui mettent
en doute les bienfaits de l’acquisition d’un chien.
L’induction du coup de cœur suit la préparation.
Il favorise l’achat précipité ou irréfléchi.
Le court-circuit affectif et émotionnel déclenché
chez l’acheteur au moment du coup de cœur, décourage
le temps de la réflexion et ouvre la porte d’entrée
au marché commercial.
Le coup de coeur est induit par l’attirance qui émane
du chiot, par son très jeune âge, par les images
harmonieuses associées, par une présentation inspirant
un besoin de protection.
L’achat précipité est favorisé par
la mise en contact dans les bras, par la mise en évidence
de l’originalité du chiot, par sa rareté,
par sa difficulté d’acquisition…
• La coïncidence est
souvent basée sur une grande confusion entre l’orientation
affective déterminant l’acquisition d’un
chiot et l’orientation financière déterminant
l’achat d’un produit.
• Le langage n’est
d’ailleurs pas le même selon l’orientation.
La confusion risque de grandir lorsque le marché commercial
utilise des termes affectifs pour masquer son enjeu financier.
 |
CHIOT
ATTENTE
REVE
SENSIBILITE
AMOUR |
|
PRODUIT
VENTE
RESEAU
INTERET
BENEFICE |
•
En fait rien n’est simple
et celui qui souhaite faire l’acquisition réfléchie
d’un chiot se doit donc d’être très
vigilant. En effet, en voulant éviter un piège,
il peut tomber dans un autre !
Cela serait une autre erreur que de faire l’amalgame entre
un type de production ou un type de vente, et la qualité
potentielle d’un futur chien de compagnie.
Il faut avancer beaucoup plus loin dans la réflexion
pour comprendre que de multiples facteurs entrent en jeu de
part et d’autre et qu’ils s’intégreront
dans le parcours évolutif du chiot au fur et à
mesure de sa transformation en chien adulte. Nous verrons dans
ce dossier combien les conditions d’élevage sont
importantes pour la cohérence de ce parcours.
• La révélation
de la face cachée du rêve est le plus souvent masquée
L’image idyllique du départ ainsi que le côté
positif des premières semaines suivant l’acquisition
du chiot, risque d’être bien vite ternie par des
difficultés. À ce stade, les difficultés
ne sont pas toujours avouées.
Quelques temps plus tard, ces difficultés peuvent paraître
tellement insurmontables que l’échec du parcours
est visible pour les maîtres, déçus, découragés.
La culpabilité associée aux conflits et à
l’abandon est tellement grande parfois que cette situation
reste fréquemment non-dite. C’est ainsi
que le chien continu d’être pris en otage…