Des
chiens promis à l'éradication
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Face à la multiplication des cas d’agressions commis
avec des chiens de type pitbulls, la France a pris le parti de
voter une loi très répressive. En effet, la loi
n°99-5 du 6 janvier 1999, "relative aux
animaux dangereux et errants et à la protection des animaux"
vise à éradiquer certaines races de chiens et à
rendre difficile l’acquisition des chiens dits dangereux.
Catégorie 1
Un arrêté du 27 avril 1999 précise les races
concernées. Dans la catégorie 1, se trouvent les
pitbulls ainsi que les tosa inu et les mastiffs non inscrits au
LOF. Ces chiens doivent être obligatoirement stérilisés
et déclarés en mairie. Ils ne peuvent pas être
vendus. Ils ne peuvent aller dans des lieux publics.
Muselière obligatoire
Dans la catégorie 2, se trouvent les chiens de race Staffordshire
terrier, American Staffordshire terrier, Tosa inu et les Rottweilers
qu’ils soient ou non inscrits au LOF. Pour ces chiens, la
déclaration en mairie est obligatoire, ainsi que le port
de la muselière.
Comme au temps de l’Inquisition
Les sanctions prévues par la loi sont extrêmement
dures puisque les chiens peuvent être confisqués
en cas d’infraction et euthanasiés. Certes une circulaire
du 23 octobre 2000 assouplit quelque peu cette disposition puisque
l’euthanasie ne peut plus être appliquée que
sur décision de justice et non sur décision préfectorale
comme auparavant. Rappelons que les dernières fois où
des animaux étaient mis à mort après un procès
remontent à l’Inquisition.
Liste non arrêtée
Il faut savoir que l’arrêté qui précise
quels sont les chiens visés par la loi peut être
modifié à tout moment. Ce qui veut dire que d’autres
races peuvent y être ajoutées. Certains députés
et sénateurs ont d’ailleurs à plusieurs reprises
tenté de rallonger la liste.
Comme des crocodiles ?
La composition du décret était d’ailleurs
largement soumise à l’actualité de l’époque.
Les pitbulls étaient alors décrits comme de véritables
fauves, certains les présentant, sans rire, avec une capacité
de mordant dépassant celle du plus gros des crocodiles.
Les tosa inu pratiquement inconnus en France ont payé le
fait d’être utilisés comme chiens de combat
au Japon. Quant aux mastiffs, chiens d’une douceur remarquable
en dépit d’une taille et d’un poids respectables,
ils ont été inscrits in extremis, car deux d’entre
eux étaient impliqués dans un terrible fait divers
juste avant la promulgation du décret.
Pas les plus mordants
Pendant ce temps, la « race » la plus mordeuse
en France continue d’être celle des bergers allemands
et assimilés, non pas parce qu’ils seraient plus
méchants que les autres, mais parce qu’ils sont les
plus nombreux. Il ne s’agit pas de demander à ce
qu’ils soient inscrits sur le décret, mais juste
de relativiser la dangerosité des autres et de s’interroger
sur la responsabilité des maîtres.
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