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Interdiction formelle en France
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La France a interdit l'importation de peaux de chiens et de chats ainsi que les produits qui en sont issus. Un arrêté en ce sens a été signé le 5 novembre 2003, par le ministre de l'Agriculture, Hervé Gaymard et le ministre des Finances, Francis Mer. Ce texte entre immédiatement en vigueur. Son application sera assurée par les services vétérinaires et les services des Douanes.

Victoire


Pour les associations de protection animale, dont One Voice, qui ont révélé l'ampleur du trafic dès 1997, cette décision est une victoire. Une avancée d'autant plus déterminante qu'elle va permettre à l'Union Européenne toute entière de mettre fin à cette pratique. Nous regrettons néanmoins que le commerce des peaux de chiens et de chats en France ne soit pas interdit. Certaines tanneries travaillent ces peaux sur le territoire, pour elles, rien ne va changer. One Voice a donc demandé à l’UE d’interdire purement et simplement toute importation mais aussi tout commerce de ces peaux.

"Préoccupations"


La Commission Européenne a décidé de se pencher sur ce sujet, en 2003. "Suite à des rapports des médias, indique-t-elle, il existe en Europe des préoccupations croissantes concernant la production, l'utilisation, le commerce et l'importation de fourrures de chat ou de chien. Actuellement aucune information ne permet de confirmer que des chats ou des chiens sont élevés pour leur fourrure dans l'Union Européenne ou dans l'un des 10 des pays destinés à devenir États Membres en 2004. La Commission est informée que de telles pratiques d'élevage existent dans certains pays tiers et que la fourrure est ensuite importée dans les États Membres. »

A l'époque, le Commissaire européen Lamy expliquait que si aucun pays européen ne se dotait d'une législation spécifique, la Commission aurait beaucoup de difficultés à faire progresser ce dossier, car il n’y avait pas encore de « majorité qualifiée » (10 États sur 15) qui se dégageait pour réclamer l’interdiction des peaux d’animaux familiers. La position de la France a nettement contribué à faire bouger les choses. Résultat : lors du Conseil européen de l'Agriculture qui s'est déroulé à la mi-novembre 2003, la Belgique s'est ralliée à la demande d'une interdiction européenne totale de l’emploi et de la production de peaux de chiens ou de chats. Maintenant, 10 pays de l’Union sur 15 (Grande-Bretagne, Suède, France, Allemagne, Italie, Autriche, Pays-Bas, Danemark, Grèce et Belgique) veulent en finir avec ce trafic : le seuil de la majorité qualifiée a été atteint, ce qui va permettre à la Commission d’instaurer une interdiction européenne concernant ces produits. Pour Rudy Demotte, le ministre belge de la Santé, une réglementation européenne offre davantage de garanties qu'une mesure nationale, puisqu'une interdiction européenne entraîne également l'impossibilité de circulation de telles marchandises au sein du marché intra-européen.

Jusqu'alors seuls les Etats-Unis s'étaient dotés, en novembre 2000, d'une législation, interdisant toute utilisation et importation de fourrure de chiens et de chats.

Des stocks mis à jour


Pourtant, il y a urgence, dans la plupart des pays d'Europe le commerce de fourrures de chiens et de chats est une réalité. En France même, la police de Nanterre avait découvert un stock de peaux de chats dans un entrepôt, en mars 2000. En 1997, la direction des services vétérinaires avait découvert 1500 peaux de chats chez un négociant qui avait l'intention de les exporter. En 2000, à la Garenne-Colombes, en région parisienne, les gendarmes avaient découvert des mètres cubes de fourrure dans un atelier clandestin, parmi lesquelles des peaux de chats. Les mêmes faits ont été signalés en Italie, en Espagne, en Allemagne ou au Danemark. Même si les trafiquants se méfient et agissent de façon plus discrète, le commerce de fourrures de chiens et de chat est toujours d'actualité.

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