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Chiens dangereux
Il faut s’attaquer à la cause réelle de l’agressivité
Juillet 2006
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Maltraiter un chien est le meilleur moyen de le rendre agressif

Plusieurs accidents graves – dont deux mortels – causés par des chiens ont conduit le gouvernement à vouloir renforcer la législation encadrant la possession de certaines races de chiens dites dangereuses.

Il est notamment question d’allonger la liste de ces races et d’imposer aux chiens concernés et à leurs propriétaires des mesures contraignantes et surtout non ciblées : port de la muselière (donc impossibilité de faire prendre de l’exercice au chien), déclaration en mairie, assurance spéciale, interdiction de certaines races, euthanasies,…

Les professionnels - vétérinaires et comportementalistes – sont pourtant unanimes : aucune race canine n’est génétiquement dangereuse, seules les conditions d’élevage, d’éducation et de détention interviennent dans l’apparition de l’agressivité.

Maltraiter un chien est en effet la meilleure façon de le rendre agressif :

  • en l’élevant dans des conditions indignes : dans des caves, des chenils isolés, sans sociabilisation aux humains et à la vie de famille. Lors d’une enquête, One Voice a par exemple découvert un élevage français de rottweilers, où les chiens vivaient dans le noir, enfermés dans des cages de transport ;
  • en le séparant trop tôt de sa mère : c’est le cas de nombreux chiots vendus en animalerie, qui proviennent d’élevages en batterie des pays de l’Est ou d’ailleurs ;
  • en le dressant avec brutalité, ou en ne respectant pas ses besoins élémentaires : un chien doit être éduqué, promené, soigné. Il demande de la présence et de l’affection.

Interdire certaines races est inutile

La médiatisation des accidents provoqués par des chiens a joué un grand rôle dans la réaction du gouvernement. Journaux et télévision n’ont traité pratiquement que des morsures des chiens de races déjà concernées par la loi du 6 janvier 1999, relative aux chiens « dangereux ». Les médias ne relatent pas les nombreux accidents dus à des races à l’image plus familiale, donc moins spectaculaires...

Ces accidents posent le problème de la provenance des chiens et de leurs conditions de vie. Malheureusement, le gouvernement n’y voit qu’un problème de race.

Cette approche est pourtant vaine. Ceux qui utilisent des chiens comme armes choisiront d’autres races - c’est déjà le cas dans certaines banlieues - ou cacheront leurs chiens : le témoignage édifiant du propriétaire d’une chienne pitbull vivant depuis toujours sur un balcon, jamais sortie, dressée à l’eau bouillante et au poignard, a été largement diffusé dans la presse, sans susciter de réaction de la part du gouvernement.

Dans le cas des accidents dus au chien de la famille (comme les deux récents accidents mortels), One Voice souligne l’importance d’éduquer le futur propriétaire sur ses devoirs envers le chien, et sur le comportement canin : un chien n’est pas fait pour vivre enfermé dans une pièce (c’était le cas d’un des chiens mordeurs) et ne doit jamais être laissé seul avec des enfants !

Quelle que soit sa race, la bonne sociabilisation d’un chien est primordiale pour qu’il s’intègre dans la famille. Or les mauvaises conditions d’élevage de nombreux chiens vendus en France ne permettent pas cette sociabilisation.

Lutter contre tous les trafics d’animaux

Le gouvernement souhaite lutter contre les trafics de chiens dangereux. One Voice, qui enquête sur ces trafics depuis déjà des années, rappelle que ce sont eux qui génèrent en partie la dangerosité des chiens, et ce, quelle que soit leur race.

Un important éleveur de chiens de République tchèque, qui fournit animaleries et éleveurs en France, a expliqué à One Voice, qu’il exportait régulièrement des pitbulls dans notre pays, bien que cette race y soit interdite : il suffit à ses clients de payer plus cher pour que le chien ait de faux papiers, stipulant qu’il est de race american Staffordshire terrier (race autorisée de catégorie 1) ...

En outre, si le gouvernement veut s’attaquer au problème des animaux dangereux, nous lui suggérons de s’intéresser au commerce et à la détention des araignées, serpents venimeux, et primates (légalement considérés comme dangereux)... Ces animaux sont le plus souvent achetés illégalement par des amateurs, qui les échangent parfois par voie postale ou dans des lieux publics ! Mais les morsures et les envenimations qui surviennent régulièrement ne semblent pas retenir l’attention des médias...

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