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20.000 chiens mangés, chaque jour, au Vietnam
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Mieux vaut ne pas naître chien au Vietnam. Dans ce pays, au cadre enchanteur, durement martyrisé par les conflits qui s'y sont succédés, perdure une tradition culinaire difficile à admettre en Europe : les chiens y sont mangés, à raison de 20.000 par jour.

Pourtant dans ce pays, de très nombreux habitants apprécient d'avoir un chien comme animal de compagnie. Ce qui d'ailleurs a pour conséquence une prise de conscience sur la condition des chiens. Des sites Internet, créés par des Vietnamiens, critiquent les boucheries canines, photos souvent atroces à l'appui. Des associations voient le jour en Asie, et One Voice travaille avec elles, afin de faire cesser cette pratique et rendre au "meilleur ami de l'homme" la place qui est la sienne : respecté, aux côtés des humains.

Pratique culturelle


Manger du chien est une pratique culturelle très ancrée dans ce pays. Un mode de consommation qui trouve ses racines dans de très anciennes superstitions. Par exemple, dans les périodes qui suivent le 15ème jour du mois lunaire, les clients affluent dans les restaurants, persuadés que la viande aura des vertus aphrodisiaques. C'est toujours dans le but de doper leur libido que certains Vietnamiens préfèrent la viande de chiens préalablement battus afin de faire monter leur adrénaline.

Ces croyances ne reposent sur rien de scientifique. Elles sont aussi abusives que de croire que les cornes de rhinocéros pilées ont des vertus curatives. Mais elles font partie du patrimoine culturel asiatique, qu'il serait vain d'attaquer de front.

Affaire rentable


D'autant que les restaurateurs et les boucheries spécialisées, qui réalisent des chiffres d'affaire pouvant aller jusqu'à plusieurs milliers de dollars chaque jour, ne sont pas prêts de renoncer à une activité aussi lucrative. Rien qu'à Hanoi, 200 restaurants servent 60 chiens chaque jour. Ils jouent à fond la carte de "l'impérialisme culturel" pour dénoncer ceux qui risquent de leur ôter une aussi profitable source de revenus.

Témoignage accablant

Afin de mieux cerner ce problème, One Voice a mandaté un enquêteur en Asie. Son témoignage et ses très nombreuses photographies et vidéo montrent que les chiens destinés à la consommation humaine sont particulièrement maltraités.

Dans les élevages, les chiens tentent de survivre dans des conditions sordides. Ils sont entassés les uns sur les autres, écrasés dans des cages minuscules. Désespérés, les chiens se battent et se blessent gravement. Nombre d'entre eux ne peuvent résister à la faim, la peur et la maladie. Ils meurent sans jamais avoir connu une caresse et ceux qui survivent connaîtront encore le pire.

Assommés à coups de marteau

Car les méthodes d'abattage sont éprouvantes. Une fois livrés dans des restaurants ou des boucheries, les chiens sont attrapés au lasso ou acculés avec un bâton contre un mur et assommés avec un marteau. L'employé doit frapper à plusieurs reprises sur la tête des chiens dont le sang gicle abondamment. Les autres chiens assistent à la scène. Ils urinent de terreur.
Une fois assommés, mais encore vivants, les chiens sont saignés avec un grand couteau enfoncé dans la trachée-artère. Ils sont ensuite ébouillantés, écorchés à la lame et jetés dans un feu de paille pour brûler le surplus de poils. Puis ils sont dépecés. Les pattes, la tête et la colonne vertébrale une fois ôtés, la chair des chiens peut devenir des saucisses ou du boudin. Ce sont généralement des chiots de 8 à 10 mois qui sont ainsi tués. Il sont préférés aux chiens adultes pour « leur viande plus tendre ».

Rencontre avec l'Ambassade

One Voice a décidé d'agir, directement auprès des autorités vietnamiennes. Une rencontre a eu lieu, en février 2003, avec le premier secrétaire de l'Ambassade en France. Les liens d'amitié qui unissent la France et le Vietnam permettent d'engager un dialogue qui pourrait être fructueux. Il s'agit dans un premier temps d'obtenir une loi sur la protection des chiens et des chats, à l'image de celle promulguée, en 1998, à Taïwan (voir ci-dessous), sous la pression des associations du monde entier.

Parallèlement, One Voice a alerté les députés européens qui travaillent avec les pays d'Asie sur ce dossier afin, qu'eux aussi fassent pression, pour qu'à terme, il n'y ait plus de viande de chien consommée au Vietnam.

Au Cambodge aussi

Le Vietnam n'est pas le seul pays où l'on mange du chien. Cette pratique perdure dans la plupart des pays asiatiques, comme la Corée, situation qui avait éclaté au grand jour lors de la coupe du Monde de football en 2002. C'est ainsi qu'au Cambodge, la consommation de chiens est encore massive dans les campagnes. En revanche, dans la capitale Phnom Penh, la plupart des habitants ont perdu cette habitude. Cependant, le gouverneur de la ville voudrait bien que ses administrés retrouvent le goût de la viande de chien. Cela permettrait selon lui de régler définitivement le problème des animaux errants. Il a lancé une campagne de communication en ce sens en septembre 2003.

Taïwan : une loi, une victoire

La mobilisation porte ses fruits. Le parlement de Taïwan a adopté une loi interdisant la viande de chiens, en décembre 2003.
Une précédente loi interdisait que les animaux de compagnie soient tués pour leur chair ou leur peau. Cependant, les restaurants proposaient encore du chien à leur menu. Pour en finir, le parlement de Taïwan a adopté ce nouveau texte. Les sanctions peuvent aller jusqu’à l’équivalent de 7000€.
Cette décision est une victoire qui survient après des années de lutte. Déjà une vaste campagne menée aux États-Unis par Peta, en Angleterre par la WSPA, en France par One Voice et suivie de manifestations dans ces pays ainsi qu'au Canada, en Italie, en Autriche, en Allemagne, en Russie et en Australie avait permis d'obtenir l’adoption d’une loi sur la protection des animaux.


Stars mobilisées


Le sort des chiens errants, qui étaient alors tués sans ménagement, avait ému l'opinion publique. Des vedettes telles que Brad Pitt, Michelle Pfeiffer, Oliver Stone ou Kim Basinger ont écrit au Premier ministre taïwanais. Tant et si bien que le Conseil de l'Agriculture taïwanais (l'équivalent de notre ministère de l'Agriculture) a décidé dans l'urgence de bâtir de nouveaux refuges pour accueillir ces animaux. Les établissements plus anciens étaient l'objet d'une campagne de rénovation.

Abandons sanctionnés

Puis le 13 octobre 1998, le parlement de Taïwan adoptait une loi, la première loi de protection animale dans ce pays. Elle vise d'une part à ce que les euthanasies se passent sans souffrance et au bout de sept jours si les chiens n'ont pas été réclamés. Les abandons et les actes de cruauté sont sanctionnés avec des amendes pouvant atteindre 250.000 dollars. Les propriétaires de chiens et de chats doivent nourriture, eau, abri et soins vétérinaires à leur animal.  

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