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Les chats de Montmartre
L’été 1976 s’annonçait bien sombre pour les chat du cimetière Montmartre à Paris. La ville de Paris ayant décidé qu’ils représentaient un "danger pour la santé publique" procédait à leur capture et à leur euthanasie… Une de leur fidèle protectrice de 75 ans alerte alors le photographe Michel Cambazard du sort réservé à ses protégés. Ému, il décide d’intervenir. En cachette, les chats continuent d’être nourris grâce à des stratagèmes dignes des grandes heures de la résistance… De fausses mamans notamment promènent des landaus remplis de nourriture ! Les riverains sont informés du drame qui se joue et plusieurs d’entre eux s’associent avec succès pour que stoppe le massacre…
Naissance d’un concept
En mars 1978, Michel Cambazard crée l’Ecole du Chat Libre. Son objectif est que les chats errants soient intégrés à la ville. Pour cela, il faut les stériliser et les identifier, avant de les relâcher sur leur territoire de naissance. Ainsi, la population est régulée de manière éthiquement acceptable. Les chats gagnent le « droit » de vivre libre. En juin de la même année, Nicolas devient le premier chat libre du cimetière Montmartre et de France.
Le poids des mots
L’appellation « chat libre » est enregistrée à l’INPI en 1981. Son intérêt est crucial, car elle constitue un statut officiel. Les chats libres ne sont plus des chats errants. Au regard du code Rural, ils ne sont donc considérés comme divagants qu’au-delà de 1 000 mètres du lieu de domiciliation et, grâce au tatouage, ne risquent plus l’euthanasie immédiate en cas de capture par la fourrière.
Le protocole
Les chats errants sont d’abord capturés, éventuellement grâce à des trappes spécialement conçues. Certains n’ont en effet plus rien de domestique et ne se laissent pas approcher. Ils sont ensuite stérilisés et tatoués d’un numéro d’identification et surtout d’une étoile dans l’oreille qui atteste de leur statut « libre ». Dès leur convalescence achevée, ils sont relâchés sur leur territoire, parfois agrémenté d’un petit abri quand les autorités l’ont autorisé. Toutefois, s’il s’agit d’un chaton ou d’un chat adulte qui recherche beaucoup d’affection humaine, il ne sera pas relâché et deviendra candidat à l’adoption.
Les Ecoles du Chat
L’initiative de Michel Cambazard est à l’origine d’un mouvement de mobilisation nationale. À sa suite, plus de 150 comités de l’Ecole du Chat ont vu le jour dans notre pays grâce à la motivation de bénévoles amis des félins. Tous n’ont pas les mêmes moyens car ces structures ne fonctionnent que grâce à la générosité de leurs donateurs. Ainsi, certains disposent d’un refuge, quand d’autres n’ont aucune structure pour héberger les chats en convalescence ou candidats à l’adoption et doivent trouver des familles d’accueil…
Ce que vous pouvez faire
Les Ecoles du Chat sont des petites structures qui ont besoin de votre soutien. Pour les aider, vous pouvez aussi leur consacrer un peu de votre temps voire devenir famille d’accueil ! En accueillant un chaton ou un chat avant son adoption, vous lui offrez un environnement stable et chaleureux, où il pourra s’épanouir avant d’être adopté.
Et bien sûr, si vous rêvez de partager votre vie avec un compagnon félin, offrez une chance d’être heureux à un de ces laissés pour compte qui ne demande rien d’autre qu’un peu d’affection et un humain à qui – enfin – faire confiance…
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