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La Belgique et l’Espagne plaques tournantes du trafic de chiens
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Le trafic des animaux, qu’ils soient de compagnie ou sauvages, se situe au troisième rang mondial des trafics après celui de la drogue et des armes. Il représenterait 15 milliards d’euros, selon le fonds mondial pour la nature (WWF).

Les animaux de compagnie viennent d’Europe de l’Est. Leurs papiers sont blanchis arrivés en Europe. Une fois passée la frontière française, ils se retrouvent dans les animaleries ou chez des pseudo-éleveurs.

Intermédiaires


Lorsqu’il s’agit d’animaux domestiques, ce trafic s’organise autour de plusieurs acteurs. En amont, se situent les fournisseurs pour la plupart d’origine d’Europe centrale. Puis, interviennent les centres de transit et les intermédiaires basés en Europe de l’ouest, essentiellement en Belgique et en Espagne, ainsi que les courtiers en animaux de compagnie français. Enfin, en aval, le dernier maillon de la chaîne est constitué par les pseudo-éleveurs et les animaleries.

Sept mois


Selon l’arrêté du 25 avril 2001 complété par l’arrêté du 19 juillet 2002, un chien ou un chat provenant d’un pays extracommunautaire non indemne de la rage (cas des pays d’Europe de l’Est) ne peut pénétrer sur le territoire français qu’à partir de son septième mois. Or, à sept mois, les chiots et les chatons sont beaucoup moins vendables qu’à deux ou trois mois. Les animaux sont donc importés des pays de l’Est, très jeunes. À leur arrivée en France, des papiers français leur sont attribués par des vétérinaires complaisants. Une fois francisés, ils sont commercialisés sans aucune difficulté par les animaleries et les pseudo-éleveurs Quant à la future famille de l’animal, elle ne connaîtra jamais son origine exacte.

Transit


Toutefois l’importation en direct n’est pas la filière la plus exploitée car elle comporte de gros risques. Ainsi, la majorité des animaux originaires d’Europe de l’Est transitent par la Belgique ou l’Espagne avant d’arriver en France. Chaque année, ils sont des milliers à faire escale par l’un de ces pays qui font office de véritable plaque tournante dans le trafic des animaux de compagnie.

Faux papiers


Le passage par la Belgique ou l’Espagne permet d’européaniser les chiots en blanchissant leurs papiers. L’opération de blanchiment se déroule selon plusieurs étapes. Les chiots quittent les pays de l’Est vers l’âge de 6 à 8 semaines avec des carnets de vaccination tchèques, slovaques, hongrois, polonais. Ces chiots sont acheminés vers des centres de transit belges ou espagnols. Ensuite, avec le concours d’un vétérinaire local, leurs papiers d’origine sont remplacés par des documents belges ou espagnols, ce qui permet de pouvoir les exporter en France, puisqu’à l’intérieur de l’Europe, il suffit que les chiots aient huit semaines pour pouvoir circuler d’un Etat à l’autre. Il ne reste plus, une fois arrivés en France, qu’à leur donner des papiers français.

Législation souple


Le fait que la législation belge soit plus souple que la réglementation française incite les trafiquants à transiter par ce pays. En effet, la Belgique autorise l’importation de chiots et de chatons en provenance de pays tiers (pays extracommunautaires) non indemnes de la rage dès l’âge de 11 semaines alors que la réglementation française ne l’autorise qu’à partir de 28 semaines. De surcroît, s’il s’agit de chiots de plus de trois mois, la législation belge impose seulement que les chiens soient vaccinés contre la maladie de Carré alors que la réglementation française exige qu’ils soient également vaccinés contre la parvovirose, la leptospirose et l‘hépatite contagieuse.

Certificat


En Espagne, pour faire rentrer un chien ou un chat, il faut que l’animal dispose d’un certificat établi depuis moins de 10 jours par un vétérinaire officiel indiquant l'identification et la provenance de l’animal. Un examen clinique des animaux est pratiqué afin de s’assurer de leur bon état de santé. En outre, un certificat de vaccination antirabique doit être en cours de validité pour les animaux de plus de 3 mois.

Prix dérisoires


Si les trafiquants font venir les chiens des pays de l’Est, c’est parce qu’ils y achètent chiots et chatons à un prix dérisoire. Dans son rapport « sur l'identification des chiens et des chats, leur commercialisation et l'approvisionnement des centres d'expérimentation », publié en 2001, le député Geneviève Perrin-Gaillard indiquait « La mission d'information a réussi à se procurer la liste des prix que proposent des entreprises d'Europe de l'Est (République tchèque et Slovaquie), pour une série de races de chiens. La comparaison avec les prix relevés concomitamment dans des animaleries du quai de la Mégisserie à Paris, est édifiante, puisqu'on constate que la marge réalisée excède fréquemment les 200 % et dépasse parfois les 500 % ».

Culbute de 983%


Et de citer en exemple des Saint-Bernard, acheté 167,69€ en République Tchèque et revendus 914€ ou des Yorkshires partis à 182€ pour être proposés à Paris à 1981€, soit une culbute de 983%.

Surexploitation


Cette source d’approvisionnement bon marché est surexploitée. Un rapport établi par One Voice en septembre 2001 et remis au ministre de l’Agriculture de l’époque, Jean Glavany, précisait que « la Tchécoslovaquie exportait 150 chiens par mois avant la révolution de velours, aujourd’hui nous estimons que la Slovaquie est à plus de 1000 par semaine ».

En France aussi


Le trafic des animaux de compagnie ne se limite pas aux échanges entre pays. En France même des réseaux se sont implantés pour vendre, illégalement des chiens et des chats. La pratique la plus connue est celle des élevages illicites de pitbulls.

Loi


En effet, à la suite de la loi de 1999, la détention des chiens de première catégorie (qui vise essentiellement les pitbulls) est subordonnée à la stérilisation de l’animal. Le but du législateur étant d’éliminer la race du territoire français en dix ans.

Paris clandestins


Or, même si dans un premier temps d’affolement, le prix de ces chiens a chuté, il a rapidement grimpé de nouveau. Aujourd’hui un pitbull de combat se négocie 1500€. Ce chien passera sa courte vie à être battu et à se battre. Mais il aura rapporté beaucoup d’argent aux organisateurs de paris clandestins.

Vols


Il y a aussi les réseaux de voleurs de chiens et de chats. Les destinations de ces animaux sont multiples : laboratoires, reproduction, éventuellement, mais c’est heureusement plus rare, ils seront tués pour leur viande ou leur fourrure.

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