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Élevages de chiens multi-races :
un enquêteur de One Voice témoigne

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Suite à plusieurs visites de centres d’élevage de chiens multi-races, un enquêteur de One Voice révèle les dessous de ces usines à chiots. Ce témoignage donne un aperçu de ce que subissent au quotidien les adultes et les chiots qui y sont détenus :

“Le premier élément marquant lorsque l’on pénètre dans un centre d’élevage multi-races, c’est le bruit. Les structures métalliques des bâtiments se font l’écho des aboiements des chiens qui sont omniprésents. Je me suis d’ailleurs interrogé sur les répercussions que ce vacarme pouvait avoir sur le développement psychologique des chiots et sur le comportement des adultes. Le deuxième élément frappant, c’est le nombre d’animaux détenus. Les élevages de grande taille comptent 300 reproducteurs. Toutes les races sont présentes, du Bouvier Bernois au Westie en passant par le Rottweiler, le Cavalier King Charles, le Coton de Tuléar…

“À chaque nettoyage, ils sont aspergés d’eau”

Puis, au fur et à mesure de la visite, je me suis attaché aux individualités et j’ai rencontré des animaux véritablement marqués par leurs conditions de détention. Certains présentaient un comportement de net recul à l’approche des humains, ils semblaient complètement traumatisés et cherchaient à fuir. D’autres se sont montrés sous des traits plus agressifs, ils montraient les crocs et aboyaient, probablement sous l’effet du stress et de la peur. En aucun cas, je n’ai eu le sentiment que ces animaux pouvaient s’épanouir dans de telles structures. À chaque nettoyage, ils sont aspergés d’eau. J’ai vu des cockers complètement trempés après le lavage au jet de leur chenil. Les chiens à poils longs ne sont pas toilettés. Leurs poils emmêlés forment des nœuds qui leur tirent sur la peau.

“Des animaux lourdement handicapés”

Parmi les reproducteurs, j’ai été choqué de constater que des animaux lourdement handicapés étaient intégrés au circuit de reproduction. Dans un même élevage, j’ai repéré deux chiennes avec un membre manquant et un chien avec une patte paralysée. Le sort des femelles gestantes aussi, est loin d’être enviable. Dans l’un des élevages, elles étaient enfermées dans des box individuels avec leur portée.  Durant six semaines, temps du sevrage alimentaire des chiots, elles peuvent très difficilement échapper à leurs petits qui cherchent sans cesse à téter. Dans un autre élevage, les conditions de détention des mères me sont apparues encore plus rudes. Elles étaient enfermées avec leurs petits dans des caisses en plastique munies de grillages sur le dessus et les côtés. En aucun cas, elles ne peuvent s’échapper de leur boîte. Tous les six mois, ces femelles mettent bas. Épuisées après quelques années de reproduction intense, elles sont réformées.

“Mise à la réforme”

J’ai interrogé les employés au sujet de la réforme. L’âge des animaux, la faible prolificité, la stérilité et les faibles ventes concernant une race sont les critères retenus pour la mise à la réforme. Il m’a été indiqué que les reproducteurs réformés étaient placés en famille. Dans l’un des élevages, j’ai pu constater que des mesures étaient effectivement prises dans ce sens, sans pouvoir vérifier pour autant si tous les animaux étaient à terme placés. Par contre, dans un autre élevage, l’employé n’ayant pas épilogué, je n’ai obtenu aucune information me permettant de vérifier leur placement en famille.

“De grandes chaînes d’animalerie comme clients”

En période de pointe, un élevage qui compte 300 reproducteurs atteint une production de 150 chiots sur une période de 2 mois. À six semaines, les chiots sont brutalement séparés de leur mère. À huit semaines, ils sont envoyés dans les animaleries et chez les vendeurs multi-races. Les employés m’ont cité le nom de grandes chaînes d’animalerie comme clients. J’ai d’ailleurs pu assister au chargement de chiots dans une camionnette pour l’une de ces animaleries ; une caisse est tombée, elle a été remise dans le véhicule sans même prendre le soin de vérifier si les chiots étaient blessés. Si les animaleries constatent que les animaux réceptionnés présentent des défauts, elles les renvoient à l’élevage. Le jour de ma visite, un chiot qui voyageait depuis la veille, était retourné à l’élevage pour cause de surdité. Un employé m’a indiqué qu’il s’accoutumerait à son handicap et qu’il serait placé dans une famille mais encore une fois je n’en ai pas la certitude.

“Prisonniers de leur boîte”

L’un des élevages que j’ai visité se situe en zone inondable et chaque année, l’eau submerge les installations. Les reproducteurs sont alors enfermés dans des caisses de transport et stockés à l’étage d’un bâtiment en attendant la décrue. L’eau met généralement plus de 48 heures à se retirer. Pendant tout ce temps, les chiens restent prisonniers de leur boîte. Selon un employé, les chiens seraient traumatisés par ces périodes de crues. Il a en effet constaté que lors de fortes pluies, les chiens sont paniqués et s’agitent.”

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